{"id":3146,"date":"2023-02-01T19:51:05","date_gmt":"2023-02-01T18:51:05","guid":{"rendered":"https:\/\/ecosystema.fr\/?p=3146"},"modified":"2023-03-10T10:10:51","modified_gmt":"2023-03-10T09:10:51","slug":"les-tiques-piquent-les-naturalistes-elements-de-connaissance-et-est-ce-un-reel-danger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ecosystema.fr\/index.php\/2023\/02\/01\/les-tiques-piquent-les-naturalistes-elements-de-connaissance-et-est-ce-un-reel-danger\/","title":{"rendered":"Les tiques piquent les naturalistes ! \u00e9l\u00e9ments de connaissance, et est-ce un r\u00e9el danger ?"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"200\" src=\"https:\/\/ecosystema.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/img_0366-300x200.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3159\" srcset=\"https:\/\/ecosystema.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/img_0366-300x200.jpg 300w, https:\/\/ecosystema.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/img_0366-768x512.jpg 768w, https:\/\/ecosystema.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/img_0366-809x540.jpg 809w, https:\/\/ecosystema.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/img_0366.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les tiques sont le vecteur de nombreuses maladies. En France, les affections les plus fr\u00e9quentes sont la maladie de Lyme et la fi\u00e8vre boutonneuse m\u00e9diterran\u00e9enne ; parmi les maladies infectieuses \u00e9mergentes, la bab\u00e9biose tient une place \u00e0 part : elle est dangereuse pour les spl\u00e9nectomis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La maladie de Lyme est une infection bact\u00e9rienne polymorphe. Certaines formes sont caract\u00e9ristiques comme l\u2019\u00e9ryth\u00e8me chronique migrant ou la m\u00e9ningoradiculite ; d\u2019autres manifestations sont d\u2019origine plus incertaines. La notion d\u2019une morsure de tique et la sp\u00e9cificit\u00e9 du m\u00e9tier de Naturaliste, constituent des arguments de pr\u00e9somption renforc\u00e9e par la d\u00e9tection des anticorps sp\u00e9cifiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En France, on d\u00e9nombre pas moins qu\u2019une quarantaine d\u2019esp\u00e8ces de tiques. Les <strong><em>Ixodida<\/em><\/strong> (du grec ancien \u1f30\u03be\u03ce\u03b4\u03b7\u03c2 \/ ix\u00f4d\u00eas, \u00ab gluant \u00bb), appel\u00e9es couramment tiques, sont un ordre d&rsquo;arachnides acariens (ce n\u2019est pas un <strong><em>Insecta<\/em><\/strong>). Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit par William Elford Leach en 1815. Cet ordre regroupe, (source 2010), 896 esp\u00e8ces class\u00e9es en trois familles dont 41 en France, parmi lesquelles 4 tr\u00e8s occasionnelles. Elles \u00e9taient autrefois appel\u00e9es \u00ab Tiquet \u00bb ou \u00ab Ricinus \u00bb.<br \/>La plus fr\u00e9quemment rencontr\u00e9e sur l\u2019\u00eatre humain est la tique Ixodes ricinus. C\u2019est elle qui est responsable de la transmission de la maladie de Lyme, caus\u00e9e par des bact\u00e9ries appartenant au genre <em>Borrelia<\/em>.<br \/>Cette maladie a \u00e9t\u00e9 autonomis\u00e9e en 1975 \u00e0 la suite d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie<br \/>survenue dans la ville de Lyme (Connecticut. USA).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9alable<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La maladie de Lyme reste la plus fr\u00e9quente des infections bact\u00e9riennes transmises par les tiques dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. Surtout responsable de manifestations cutan\u00e9es, elle peut, si elle n&rsquo;est pas trait\u00e9e, avoir des r\u00e9percussions sur de multiples organes.<br \/>Certaines des manifestations tr\u00e8s tardives qui lui sont attribu\u00e9es font l&rsquo;objet de controverses, et parfois de diff\u00e9rences d&rsquo;appr\u00e9ciation entre sp\u00e9cialistes sur la prise en charge de la maladie, comme en t\u00e9moignent des \u00e9changes r\u00e9cents, assez vifs, dans une revue m\u00e9dicale internationale (<em>in<\/em> The Lancet Infectious Diseases &#8211; mai 2012)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On estime que plusieurs centaines de cas de maladie de Lyme sont diagnostiqu\u00e9s tous les ans en France avec des variations importantes suivant les ann\u00e9es (source 2022). Mais de nombreuses formes latentes font de la maladie la plus fr\u00e9quente des maladies transmises par les tiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si les tiques \u00e9taient syst\u00e9matiquement recherch\u00e9es aux zones de friction et \u00e9limin\u00e9es apr\u00e8s les promenades (et missions professionnelles du naturaliste) en for\u00eat, frutic\u00e9es et prairies, surtout aux mois de mai, juin et juillet, on ne verrait pas de maladies de Lyme. C\u2019est au cours du repas suivant la piq\u00fbre, une douzaine d\u2019heures apr\u00e8s la fixation de la tique, que le germe est inject\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La connaissance de l\u2019agent infectieux a d\u00e9bouch\u00e9 sur des possibilit\u00e9s diagnostiques qui ont permis de mieux recenser les nombreuses formes cliniques de la maladie. La notion d\u2019une morsure de tique est un \u00e9l\u00e9ment important pour le diagnostic. Mais elle est inconstamment retrouv\u00e9e, car pass\u00e9e inaper\u00e7ue (les larves ou m\u00eame les nymphes sont presque invisibles), ou trop anciennes, ou tr\u00e8s courantes en milieu expos\u00e9 ; comme c\u2019est le cas des naturalistes professionnels en milieu rural, forestier, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La maladie de Lyme s\u2019exprime par diverses manifestations dermatologiques, cardiaques, neurologiques et articulaires, qualifi\u00e9es de \u00ab primaires \u00bb, \u00ab secondaires \u00bb et \u00ab tertiaires \u00bb en fonction du d\u00e9lai apr\u00e8s l\u2019inoculation &#8211; par analogie avec la syphilis. Ainsi donc, pr\u00e8s la piq\u00fbre et l\u2019introduction de <em>Borrelia burgdorferi<\/em>, cette spiroch\u00e9tose r\u00e9currente se d\u00e9veloppe donc en trois phases.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Phases de la maladie de Lyme<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Phase 1<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019incubation dure huit \u00e0 vingt et un jours. Autour de la morsure appara\u00eet un \u00e9ryth\u00e8me annulaire puis centrifuge. Cette l\u00e9sion dispara\u00eet en quatre \u00e0 six semaines. Fi\u00e8vre, c\u00e9phal\u00e9es et arthralgies peuvent accompagner la l\u00e9sion cutan\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Phase 2<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La phase secondaire dure entre quinze et six mois, conjuguant l\u00e9sions cutan\u00e9es annulaires, c\u00e9phal\u00e9es, fi\u00e8vres, arthralgies. Les manifestations rhumatologiques de cette seconde p\u00e9riode, fr\u00e9quentes, sont \u00e0 l\u2019origine de l\u2019appellation \u00ab&nbsp;arthrite de Lyme&nbsp;\u00bb.<br \/>Bien que des signes neurologiques cons\u00e9cutifs \u00e0 irritation m\u00e9ning\u00e9e, puissent survenir pr\u00e9cocement, les anomalies neurologiques franches sont plus tardives, et ne concernent que certains malades (un sur six en 1998). Il s\u2019agit d\u2019une atteinte p\u00e9riph\u00e9rique radiculaire et sensitive. Parfois les douleurs r\u00e9sistent aux antalgiques simples et persistent plusieurs mois durant.<br \/>Il arrive que des atteintes motrices p\u00e9riph\u00e9riques soient associ\u00e9es au syndrome sensitif avec des paralysies asym\u00e9triques et proximales. Le nerf facial peut \u00eatre atteint. Ces troubles neurologiques peuvent s\u2019accompagner d\u2019une m\u00e9ningite lymphocytaires. Les signes cardiaques sont plus rares (bloc auriculo-ventriculaire surtout).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Phase 3<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La troisi\u00e8me p\u00e9riode, chronique, dure des mois ou des ann\u00e9es plus tard ; elle associe des troubles rhumatologiques et neurologiques parfois invalidants.<br \/>Ces atteintes tardives semblent plus fr\u00e9quentes aux \u00c9tats-Unis qu\u2019en Europe.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c9pid\u00e9miologie (Europe et Bretagne)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La maladie de Lyme est essentiellement transmise par morsure de tiques (au stade d\u2019adulte et de nymphe). En Europe, il s\u2019agit <em>Ixiodes<\/em> <em>ricinus<\/em>, une tique de buisson qui chasse \u00ab \u00e0 l\u2019aff\u00fbt \u00bb, fr\u00e9quente dans les r\u00e9gions de bocage et \u00e0 la lisi\u00e8re des for\u00eats.<br \/>La plupart des r\u00e9gions de France sont concern\u00e9es en dehors du Midi m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les zones particuli\u00e8rement touch\u00e9es sont l\u2019Alsace, le nord du Massif-Central, la r\u00e9gion Centre et aussi la Bretagne !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aucun vert\u00e9br\u00e9 n\u2019a \u00e9t\u00e9 clairement identifi\u00e9 comme r\u00e9servoir potentiel de <em>Borrelia<\/em> spp. en Europe. La transmission transovarienne chez les tiques peut suffire \u00e0 expliquer la p\u00e9rennisation de cette zoonose.<br \/>La majorit\u00e9 des morsures de tiques contaminantes surviennent en \u00e9t\u00e9, mais des cas peuvent survenir au printemps, ou lorsque la temp\u00e9rature et l\u2019humidit\u00e9 augmentent.<br \/>La maladie de Lyme existe dans de nombreux pays d\u2019Europe de l\u2019Est avec une diversit\u00e9 des esp\u00e8ces (<em>B. afzelli<\/em>, <em>B. garinii<\/em>) et des sous-type beaucoup plus grande qu\u2019en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Il n\u2019est pas exclus que la tique <em>Ixodes ricinus<\/em> puissent \u00e9galement transmettre simultan\u00e9ment d\u2019autres agents infectieux, notamment en Europe de l\u2019Est, le virus de l\u2019enc\u00e9phalite europ\u00e9enne \u00e0 tiques.<\/pre>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les formes cliniques<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les formes cliniques sont envisag\u00e9es en fonction de leur fr\u00e9quence et de leur d\u00e9lai d\u2019apparition apr\u00e8s la morsure de tiques.<br \/>On y distingue :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00c9ryth\u00e8me chronique migrant<\/li>\n\n\n\n<li>Myocardite<\/li>\n\n\n\n<li>Atteintes neurologiques\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>N\u00e9vrites<\/li>\n\n\n\n<li>Polyradiculon\u00e9vrite<\/li>\n\n\n\n<li>Atteinte d\u2019un nerf cr\u00e2nien<\/li>\n\n\n\n<li>Atteinte centrale<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n\n\n\n<li>Manifestations rhumatologiques<\/li>\n\n\n\n<li>Maladies dermatologiques tardives (La maladie de Pick-Herxheimer ou acrodermite atrophiante chronique.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Focus sur <em>Borrelia<\/em> spp.<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Syst\u00e9matique<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette bact\u00e9rie est une forme spiral\u00e9e de Spiroch\u00e8tes dont on distingue 3 genres : <em>Treponema<\/em> spp., <em>Leptonema<\/em> spp. et enfin <em>Borrelia<\/em> spp.<br \/><em>Borrelia<\/em> spp. sont des agents responsables des borrelioses ou fi\u00e8vres r\u00e9currentes ; ce sont des affections transmises par des arthropodes h\u00e9matophages. En fonction de l\u2019arthropode vecteur, on distingue deux groupes de <em>Borrelia<\/em> spp. :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><em>B. recurrentis<\/em> transmise par le pou,<\/li>\n\n\n\n<li><em>B. burgdorferi<\/em> et div. sp. transmise par les tiques.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Habitat<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <em>Borrelia<\/em> spp. ne sont jamais retrouv\u00e9es dans le milieu ext\u00e9rieur. Il n\u2019existe pas de porteurs sains. Chez l\u2019homme, elles sont pr\u00e9sentes dans le sang et les tissus des sujets infect\u00e9s. Leur habitat animal varie selon les borrelioses :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>dans les borrelioses \u00e0 poux on ne rencontre les <em>Borrelia<\/em> spp. que chez le pou infect\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>dans les borrelioses \u00e0 tiques, on les rencontre, d\u2019une part, chez les rongeurs sauvages, h\u00f4tes habituels de la plupart des <em>Borrelia<\/em> spp. transmises par les tiques, d\u2019autre part, chez les tiques infect\u00e9es.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;incidence de la maladie de Lyme (ou borr\u00e9liose) varie selon la latitude, l&rsquo;environnement naturel (for\u00eats, taillis, prairies), la densit\u00e9 des tiques et le pourcentage variable (de 5 \u00e0 30 %) de celles qui sont infest\u00e9es par la bact\u00e9rie responsable, <strong><em>Borrelia burgdorferi<\/em><\/strong> et ses apparent\u00e9es. En Europe, la maladie pr\u00e9domine surtout en Autriche, en Slov\u00e9nie et en Allemagne.<br \/>En France, les r\u00e9gions les plus touch\u00e9es sont l&rsquo;Alsace (pr\u00e8s de 2 cas par an pour 1 000 habitants), la Lorraine, la Franche-Comt\u00e9 et le Limousin. Quoique plus rare ailleurs (moins d&rsquo;un cas par an pour 5 000 habitants), elle est pr\u00e9sente presque partout en dessous de 1 500 m.<br \/>N\u2019ignorons pas que la Bretagne n\u2019est pas \u00e9pargn\u00e9e et elle est peut-\u00eatre sous-diagnostiqu\u00e9e (sources 2012)<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Morphologie<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019\u00e9tat frais (microscopie \u00e0 fond noir) les <em>Borrelia<\/em> spp. se pr\u00e9sentent comme des filaments spiral\u00e9s flexibles et mobiles. On n\u2019utilise pas la coloration de Gram, mais la coloration Giemsa pour les mettre en \u00e9vidence sur les frottis de sang.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Caract\u00e8res culturaux<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La multiplication des <em>Borrelia<\/em> spp. peut \u00eatre obtenue <em>in vitro<\/em> sur des milieux complexes (avec des r\u00e9sultats souvent m\u00e9diocres) ou <em>in vivo<\/em> (\u0153uf embryonn\u00e9).<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Structure antig\u00e9nique et substance \u00e9labor\u00e9es<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur structure antig\u00e9nique est mal connue et les <em>Borrelia<\/em> spp. ne s\u00e9cr\u00e8tent pas de toxines.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mesure pr\u00e9ventive \u00e0 tenir<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Enlever la tique correctement<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Principales victimes : les professions expos\u00e9es (agriculteurs, forestiers et bien entendu les naturalistes).<br \/>L&rsquo;incidence de la maladie de Lyme (ou borr\u00e9liose) varie selon la latitude, l&rsquo;environnement naturel (for\u00eats, taillis, prairies), la densit\u00e9 des tiques et le pourcentage variable (de 5 \u00e0 30 %) de celles qui sont infest\u00e9es par la bact\u00e9rie responsable, <em>Borrelia burgdorferi<\/em> et ses apparent\u00e9es. En Europe, la maladie pr\u00e9domine surtout en Autriche, en Slov\u00e9nie et en Allemagne.En France, les r\u00e9gions les plus touch\u00e9es sont l&rsquo;Alsace (pr\u00e8s de 2 cas par an pour 1 000 habitants), la Lorraine, la Franche-Comt\u00e9 et le Limousin. Quoique plus rare ailleurs (moins d&rsquo;un cas par an pour 5 000 habitants), elle est pr\u00e9sente presque partout en dessous de 1 500 m.N\u2019ignorons pas que la Bretagne n\u2019est pas \u00e9pargn\u00e9e et elle est peut-\u00eatre sous-diagnostiqu\u00e9e (sources 2012). La tique vecteur, <em>Ixodes ricinus<\/em>, vit sur les herbes et les feuilles. \u00c0 chaque stade, larve, nymphe et femelle adulte, elle a besoin d&rsquo;un repas de sang et s&rsquo;infeste en ing\u00e9rant celui d&rsquo;un animal porteur de la bact\u00e9rie, qu&rsquo;elle inocule \u00e0 sa victime suivante.<br \/>La meilleure solution reste la pr\u00e9vention : porter des v\u00eatements longs en for\u00eat et se faire examiner le corps au retour, cuir chevelu compris, car la tique, petite, se fixe dans la peau par une piq\u00fbre indolore. Elle doit \u00eatre \u00f4t\u00e9e correctement, \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un tire-tique ou d&rsquo;une pince, d&rsquo;autant plus t\u00f4t que la tique n&rsquo;inocule pas la bact\u00e9rie dans les douze heures suivant la piq\u00fbre.<br \/>Il suffit ensuite de d\u00e9sinfecter la zone et de la surveiller. Le plus souvent, il ne se passe rien ou presque. Mais si une plaque rouge, m\u00eame petite, appara\u00eet apr\u00e8s quelques jours et s&rsquo;\u00e9tend, mieux vaut consulter le m\u00e9decin car il peut s&rsquo;agir d&rsquo;un \u00e9ryth\u00e8me migrant. C&rsquo;est 8 fois sur 10 la premi\u00e8re manifestation de la maladie de Lyme, accompagn\u00e9e parfois d&rsquo;un peu de fi\u00e8vre, de fatigue et de douleurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Le diagnostic repose sur l&rsquo;interrogatoire et l&rsquo;examen de la l\u00e9sion. Si le m\u00e9decin soup\u00e7onne un \u00e9ryth\u00e8me migrant, il prescrit aussit\u00f4t un antibiotique. Fait correctement, ce traitement enraye la maladie. Trop de m\u00e9decins demandent encore un examen s\u00e9rologique du sang \u00e0 la recherche d&rsquo;anticorps contre <em>Borrelia<\/em> spp. Cela ne sert \u00e0 rien \u00e0 ce stade car il n&rsquo;y en a pas encore : la s\u00e9rologie, n\u00e9gative dans 80 % des cas, rassure \u00e0 tort et peut faire rater le diagnostic. Il ne faut donc pas la faire \u00bb, insiste le Pr Christian Perronne, infectiologue (h\u00f4pital de Garches).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des arguments sugg\u00e8rent qu&rsquo;une dose unique, syst\u00e9matique, d&rsquo;antibiotiques juste apr\u00e8s la piq\u00fbre de tique diminuerait le risque d&rsquo;infection. Une \u00e9tude r\u00e9cente sur la souris montre que, donn\u00e9e le jour m\u00eame, elle r\u00e9duit ce risque de 75 %, et de 47 % apr\u00e8s 24 heures (source 2022). Comme l&rsquo;\u00e9ryth\u00e8me migrant n&rsquo;est pas constant, cette m\u00e9thode, non consensuelle, est pratiqu\u00e9e par pr\u00e9caution au cas par cas, surtout en zone d&rsquo;end\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Perpective et nuance sur la dangerosit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9partition de nombreuses esp\u00e8ces de tiques s\u2019est modifi\u00e9e depuis le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, en raison des changements environnementaux provoqu\u00e9s par les activit\u00e9s humaines. Or ces acariens qui se nourrissent de sang peuvent transmettre des virus, des bact\u00e9ries et des parasites.<br \/>Dans l\u2019h\u00e9misph\u00e8re nord, ce sont m\u00eame les premiers vecteurs d\u2019agents pathog\u00e8nes, pour l\u2019\u00eatre humain comme pour les animaux ! Le plus c\u00e9l\u00e8bre des microbes transmis par les tiques est probablement la bact\u00e9rie <em>Borrelia<\/em> spp.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une multitude d\u2019informations, parfois alarmistes et partiales, circulent quant au risque de contracter cette affection, ainsi que d\u2019autres maladies, apr\u00e8s une piq\u00fbre de tique. Pourtant, il faut faire la part des choses : une tique m\u00eame infest\u00e9e de microorganismes ne contamine pas forc\u00e9ment l\u2019h\u00f4te sur lequel elle se nourrit.<br \/>\u00c0 chaque phase de son d\u00e9veloppement (larve, nymphe et adulte &#8211; voir clich\u00e9 a.), aussi appel\u00e9e stase, la tique <em>I. ricinus<\/em> prend un unique repas de sang (\u00e0 la stase adulte, seule la femelle pr\u00e9l\u00e8ve du sang ; le m\u00e2le ne s\u2019alimente pas, son unique r\u00f4le est la reproduction). Son repas sanguin dure entre 3 et 10 jours, suivant la stase (voir clich\u00e9 b.). Chacun de ces repas peut constituer un risque de transmission de pathog\u00e8ne \u00e0 l\u2019\u00eatre humain. En effet, lorsqu\u2019une tique est infect\u00e9e par <em>Borrelia<\/em> spp., il arrive qu\u2019elle la transmette \u00e0 son h\u00f4te au cours de son repas de sang.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant, il faut savoir que si une tique qui s\u2019infecte avec <em>Borrelia<\/em> spp durant sa stase larvaire reste infect\u00e9e toute sa vie, moins de 1 % des femelles adultes transmettent la bact\u00e9rie \u00e0 leur descendance. Les larves ne sont donc g\u00e9n\u00e9ralement pas infectantes au moment de leur repas de sang.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pic d\u2019activit\u00e9 maximum des tiques s\u2019\u00e9tend g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019avril \u00e0 juin (l\u2019\u00e9t\u00e9 est souvent trop sec pour elles), puis elles redeviennent un peu actives \u00e0 l\u2019automne. \u00c0 ces p\u00e9riodes, les nymphes constituent le risque le plus \u00e9lev\u00e9 de contamination. Elles sont en effet les plus abondantes dans l\u2019environnement et, du fait de leur petite taille, leur piq\u00fbre passe souvent inaper\u00e7ue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais ce n\u2019est pas parce qu\u2019une tique est porteuse de la bact\u00e9rie <em>Borrelia<\/em> spp. qu\u2019elle va syst\u00e9matiquement la transmettre \u2757\ufe0f<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En conclusion, s\u2019il faut \u00e9videmment prendre conscience du danger potentiel li\u00e9 aux tiques, il est toutefois inutile de c\u00e9der \u00e0 la panique. Des gestes simples de pr\u00e9vention peuvent \u00eatre mis en \u0153uvre pour \u00e9viter les piq\u00fbres et la transmission \u00e9ventuelle des agents infectieux (contr\u00f4le syst\u00e9matique du corps par le coll\u00e8gue de travail).<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Et il est aussi important que le m\u00e9decin du travail du naturaliste professionnel, soit sensibilis\u00e9 par cette probl\u00e9matique.<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les chercheurs, quant \u00e0 eux, continuent \u00e0 faire progresser les connaissances sur les tiques, sur leurs \u00e9cosyst\u00e8mes, sur les m\u00e9canismes de transmission des agents infectieux et sur les maladies \u00e0 tiques.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p><em>Nota Bene<\/em> : un prochain article traitera du Vaccin pour la m\u00e9ningo-enc\u00e9phalite \u00e0 tique.<\/p><cite><em>Ecosystema.fr<\/em><\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h1>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Cours profess\u00e9 de microbiologie &#8211; Universit\u00e9s Catholique de Lille (2001)<\/li>\n\n\n\n<li>C. PERRONNE &#8211; La V\u00e9rit\u00e9 sur la maladie de Lyme : Infections cach\u00e9es, vies bris\u00e9es, vers une nouvelle m\u00e9decine (2019)<\/li>\n\n\n\n<li>K. D. McCoy et N. Boulanger &#8211; Tiques et Maladies \u00e0 tiques. Biologie, \u00e9cologie \u00e9volutive et \u00e9pid\u00e9miologie (2015)<\/li>\n\n\n\n<li>S. Bonnet et N. Boulanger &#8211; Tiques, Lyme et Cie (2019)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Cr\u00e9dit photographique<\/h1>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>P. GARCELON &#8211; https:\/\/www.flickr.com\/photos\/philgar<\/li>\n\n\n\n<li>Gaby AR BRAZ Dirlem \u2013 Nikon D700 &#8211; Ecosystema.fr \u2122 \u00a9<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les tiques sont le vecteur de nombreuses maladies. En France, les affections les plus fr\u00e9quentes sont la maladie de Lyme et la fi\u00e8vre boutonneuse m\u00e9diterran\u00e9enne ; parmi les maladies infectieuses \u00e9mergentes, la bab\u00e9biose tient une place \u00e0 part : elle est dangereuse pour les spl\u00e9nectomis\u00e9s. La maladie de Lyme est une infection bact\u00e9rienne polymorphe. 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