{"id":1537,"date":"2022-11-11T10:48:00","date_gmt":"2022-11-11T09:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/ecosystemadotpro.wordpress.com\/?p=1537"},"modified":"2022-11-11T14:58:10","modified_gmt":"2022-11-11T13:58:10","slug":"armistice-de-1918-memoire-de-dirlem-le-bras-frere-de-mon-grand-pere-alain-marie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ecosystema.fr\/index.php\/2022\/11\/11\/armistice-de-1918-memoire-de-dirlem-le-bras-frere-de-mon-grand-pere-alain-marie\/","title":{"rendered":"Armistice de 1918 &#8211; M\u00e9moire de \u00ab Dirlem \u00bb LE BRAS, fr\u00e8re de mon Grand-P\u00e8re Alain-Marie"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ecosystemadotpro.files.wordpress.com\/2016\/11\/67152a2e608e9e60807ccd38cf077531.jpg\" class=\"alignnone size-full wp-image-1538\" alt=\"67152a2e608e9e60807ccd38cf077531\" width=\"750\" height=\"750\" srcset=\"https:\/\/ecosystema.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/67152a2e608e9e60807ccd38cf077531.jpg 750w, https:\/\/ecosystema.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/67152a2e608e9e60807ccd38cf077531-300x300.jpg 300w, https:\/\/ecosystema.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/67152a2e608e9e60807ccd38cf077531-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En feuilletant dans les bo\u00eetes d&rsquo;un bouquiniste breton, le hasard nous a mis sous les yeux une plaquette intitul\u00e9e \u00ab Les Bretons qui meurent \u00bb, publi\u00e9e en 1916, par Emile Masson, en souvenir de Jos Le Bras, barde Dirlem. Nous en avons fait la lecture avec \u00e9tonnement et ravissement. Comment un pareil document, qui jalonne un \u00e9v\u00e9nement moral d&rsquo;une importance capitale, a-t-il pu \u00eatre aussi parfaitement enterr\u00e9 jusqu&rsquo;ici, alors qu&rsquo;il a certainement pass\u00e9 dans des centaines de mains au cours des vingt ann\u00e9es qui se sont \u00e9coul\u00e9es depuis sa publication ? Certes, Dirlem n&rsquo;a laiss\u00e9 derri\u00e8re lui aucune \u0153uvre comparable \u00e0 \u00ab Ar en deulin \u00bb. Il n&rsquo;avait pas le souffle de l&rsquo;autre, et fauch\u00e9 \u00e0 23 ans par une balle de mitrailleuse, il n&rsquo;avait encore donn\u00e9 qu&rsquo;une tr\u00e8s faible mesure de sa personnalit\u00e9. Mais tout de m\u00eame ! Il semble bien en lisant les lignes qui vont suivre que le petit Le Bras n&rsquo;avait pas le ventre \u00e0 tomber dans la mauvaise litt\u00e9rature \u00e0 la Ren\u00e9 Bazin que la forme splendide de \u00ab Peden er G\u00e9dour \u00bb ne saurait vider de son contenu. Le petit Le Bras ne s&rsquo;est pas un instant senti une \u00ab \u00e9toile brillante au front de la France \u00bb, il est rest\u00e9, seul, irr\u00e9ductible Breton. Et de cela, nous lui sommes pieusement reconnaissants. C&rsquo;est lui, et non pas Jean-Pierre Calloc&rsquo;h, qui nous montre l&rsquo;exemple pour la prochaine fois- Nous n&rsquo;avons plus contre ses opinions les mesquins pr\u00e9jug\u00e9s qui firent tomber dans l&rsquo;oubli celui qui fut peut \u00eatre LE h\u00e9ros Breton de la guerre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur la couverture de la brochure, on lit cet exergue : \u00ab Ave, Caesar !&#8230; \u00bb. Le mot, ainsi que les points de suspension qui le suivent, en dit long sur les arri\u00e8re-pens\u00e9es d&rsquo;Emile Masson, en ces sombres ann\u00e9es de guerre o\u00f9 la terreur faisait rentrer&nbsp; sous terre les suspects d&rsquo;antipatriotisme. Et plus loin, lisez ces paroles de Dirlem, qui montent de la boue des tranch\u00e9es comme la plainte d&rsquo;une b\u00eate traqu\u00e9e : \u00ab Je ne voudrais pas laisser ma vie ici ! \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces gens-l\u00e0 furent nos braves. Ils eurent ce courage de rester sourds \u00e0 la folie collective du chauvinisme fran\u00e7ais qui assimilait les compatriotes de G\u0153the et de Bach aux anthropophages de la Papouasie et qui appelait tra\u00eetres \u00e0 la civilisation, \u00e0 la justice et \u00e0 la libert\u00e9, les rebelles irlandais de la Semaine de P\u00e2ques. Leur sens breton fat plus fort que tout. Repli\u00e9s sur eux-m\u00eames, ils dur\u00e8rent, ils moururent, sans comme tant d&rsquo;autres, oublier la Bretagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous serons sans doute \u00e0 m\u00eame bient\u00f4t de faire plus qu&rsquo;ils n&rsquo;ont fait, mais nous n&rsquo;aurons jamais le m\u00e9rite qu&rsquo;ils ont eu.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">N\u00e9 le 8 novembre 1889 \u00e0 Saint-Sauveur de Landivisiau (Finist\u00e8re), d&rsquo;une famille de pauvres cultivateurs ; \u2014 caporal au 48e de ligne, Joseph Le Bras a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 le 8 septembre dernier, au sortir des tranch\u00e9es, \u00e0 la t\u00eate de son escouade. Quinze de ses camarades furent touch\u00e9s avec lui. D&rsquo;abord l\u00e9g\u00e8rement atteint, il faisait un prompt effort pour se relever, quand une balle le coucha pour jamais \u00e0 terre.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La mobilisation l&rsquo;avait trouv\u00e9 \u00e0 Plouguin, canton de Ploudalm\u00e9zeau (Finist\u00e8re), instituteur public int\u00e9rimaire. Il venait d&rsquo;y arriver, ayant rempli les m\u00eames fonctions cette m\u00eame ann\u00e9e \u00e0 Sca\u00ebr. Quand je l&rsquo;ai connu, en mars 1913, il \u00e9tait encore ma\u00eetre d&rsquo;\u00e9cole libre \u00e0 Landivisiau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une carte postale illustr\u00e9e repr\u00e9sente le jeune barde Jos Ar Braz Dirlem \u00e0 17 ans. C&rsquo;est le type de l&rsquo;adolescent l\u00e9onard : l&rsquo;air encore un peu fut\u00e9 et timide d&rsquo;une fille, avec des yeux hardis de petit renard ; puret\u00e9 du front, du regard, du teint ; ailes bien \u00e9ploy\u00e9es du sourcil ; nez droit, franc, palpitant ; bouche large et mince, pr\u00eate \u00e0 sourire et \u00e0 mordre aussi ; grandes oreilles sous le large chapeau \u00e0 longs rubans de velours noir ; col blanc, plastron blanc de chemise sans cravate, vaste gilet noir, bien ouvert, \u00e0 cent boutons, sous la large veste de drap noir \u00e0 courtes basques ; ceinture de flanelle ray\u00e9e et l\u00e2che, aux gros plis abondants sur l&rsquo;abdomen ; pantalon large \u00e0 longues raies verticales ; gros souliers ferr\u00e9s. D&rsquo;une main le jeune barde tient l&rsquo;organe catholique bretonnant Kroaz ar Vretoned, et de l&rsquo;autre il s&rsquo;appuie au lourd penbaz \u00e0 corde de cuir tress\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Voici comment en mars 1913, Tr\u00e8s peu de temps avant de quitter l&rsquo;enseignement libre pour l&rsquo;enseignement public, s&rsquo;exprimait cette \u00e2me tr\u00e8s noble devant d&rsquo;angoissants probl\u00e8mes :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab J&rsquo;aime l&rsquo;Evangile. Avec douleur je vois un grand nombre de missionnaires de Celui qui est venu sur la terre pour l&rsquo;amour de tous les hommes et qui \u00e9tait l&rsquo;Ami des Pauvres, s&rsquo;incliner si bas devant les Riches qu&rsquo;a maudits J\u00e9sus, dans le \u00ab Sermon sur la Montagne \u00bb&#8230; Pourquoi les seigneurs de la Richesse peuvent-ils, de leur or, de leur argent, de leurs billets de banque, acheter les beaux honneurs [enoriou ka\u00e8r] de l&rsquo;Eglise, les jours de Bapt\u00eame, de Mariage, d&rsquo;Enterrement ? H\u00e9las 1 comme ils sont vrais les vers de Brizeux : jusqu&rsquo;en son tr\u00e9pas Le riche a des honneurs que le pauvre n&rsquo;a pas !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Oublient-ils les paroles du Christ sur le denier de la Veuve ? \u00ab En v\u00e9rit\u00e9 !&#8230; tous ont donn\u00e9 de leur opulence, mais elle, c&rsquo;est de sa mis\u00e8re qu&rsquo;elle a donn\u00e9 I \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Comme on ne saurait r\u00eaver voir tous les travailleurs de l&rsquo;\u0153uvre bretonne venir \u00e0 l&rsquo;Evangile, j&rsquo;accepte d&rsquo;aller au peuple breton, \u00e0 Yann Couer, avec tous les hommes de bonne volont\u00e9, chr\u00e9tiens ou non. Mais je suis pauvre, h\u00e9las ! mes parents ne sont pas riches non plus, et, infirmes d\u00e9j\u00e0, ils ne travaillent plus&#8230; Autre chose : ma\u00eetre d&rsquo;\u00e9cole libre je suis, mais il est des points o\u00f9 je ne suis libre que de nom&#8230; En dehors des Catholiques, je ne vois personne, moi&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab La grande erreur des \u00ab chefs-bretons \u00bb c&rsquo;est de croire qu&rsquo;ils \u00e9veilleront le pays avec des gens qui n&rsquo;ont pas l&rsquo;esprit breton, et ignorent la langue bretonne. Quand seront francis\u00e9s, quand seront d\u00e9racin\u00e9s tous les paysans, et qu&rsquo;il n&rsquo;y aura plus qu&rsquo;une \u00ab poch\u00e9e \u00bb de dilettanti \u00e0aimer leur pays&#8230; dans leurs \u00e9crits, ah ! comme alors sera lamentable l&rsquo;\u00e9tat de la Bretagne !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces id\u00e9es que j&rsquo;exprime du long de ces longues lignes n&rsquo;ont \u00e0 mes yeux pas plus de valeur que n&rsquo;en peuvent avoir les paroles d&rsquo;un \u00ab petit gars \u00bb de 23 ans [p\u00f4trig 23 bloas] qui a encore bien des choses \u00e0 apprendre de ses a\u00een\u00e9s&#8230; \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">H\u00e9las ! \u00ab petit g\u00e2s de 23 ans \u00bb, tu n&rsquo;as plus rien \u00e0 apprendre de tes aines ! Te voici pass\u00e9ma\u00eetre et d&rsquo;un coup ta mort immortellement couronne la cause que tu aimais, \u00e0 laquelle tes aines et toi-m\u00eame vous aviez en vain d\u00e9vou\u00e9 votre vie enti\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces fragments de lettre sont traduits du pur dialecte de L\u00e9on, de Jos Ar Braz. A d&rsquo;autres de dire, dans des revues sp\u00e9ciales, l&rsquo;espoir qu&rsquo;il fut et le deuil qu&rsquo;il sera pour la Jeune-Bretagne (1), et pour les militants des renaissances provincialistes. Mais son c\u0153ur, c&rsquo;est-\u00e0-dire sa cause,appartient d\u00e9sormais \u00e0 tous. \u00ab Quand cette tuerie prendra-t-elle fin ? \u00bb \u00e9crivait-il des tranch\u00e9es en mars dernier. \u00ab J&rsquo;ai h\u00e2te de retourner en Bretagne. Le travail est press\u00e9 l\u00e0-bas l Mes compatriotes sont malheureux, et, pour l&rsquo;amour de la Bretagne, je ne voudrais pas laisser ici ma vie ! \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La peine du paysan de Basse-Bretagne parlant une langue antique et cependant reni\u00e9e des \u00e9ducateurs du jour ; la peine du matelot breton ; la peine de cet homme de peine de la terre et de la mer, \u00e0 quoi tous les siens sont condamn\u00e9s, voil\u00e0 la nostalgie qui le hante sur les champs de bataille, face \u00e0 la mort. Cette peine il l&rsquo;a v\u00e9cue lui-m\u00eame d\u00e8s la petite enfance, quand \u00ab pieds nus, t\u00eate nue, derri\u00e8re mon p\u00e8re, la main droite fouillant dans un sac de cendre accroch\u00e9 \u00e0 ma main gauche ; couvert de cendre, tremp\u00e9, tes reins bris\u00e9s, le long de deux ou trois sillons de trous, vite, pas \u00e0 pas, je plantais les pommes de terre. \u00bb C&rsquo;est aussi la peine du domestique de ferme qui \u00ab loge avec les b\u00eates, couche en travers des b\u00eates, n&rsquo;a d&rsquo;autre air \u00e0 respirer que le suint des b\u00eates ! \u00bb ; celle du fermier pauvre qui \u00ab n&rsquo;ose pas regarder les haillons de ses petits en allant payer sa rente au riche propri\u00e9taire : \u00ab sous ses habits, voil\u00e0 ta sueur et ta graisse ! \u00bb C&rsquo;est encore la peine de l&rsquo;\u00e9colier ou du conscrit des Montagnes-Noires ou de la Montagne d&rsquo;Arrez, qu&rsquo;on raille, qu&rsquo;on insulte ou qu&rsquo;on punit, parce qu&rsquo;ils parlent leur langue maternelle.Cette peine multiple, infinie, inapais\u00e9e, mais non pas du tout inapaisable, d&rsquo;une vieille race h\u00e9ro\u00efque et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e qu&rsquo;exploitent et travaillent m\u00e9thodiquement \u00e0 d\u00e9naturer des individus de races jeunes et ambitieuses, voil\u00e0 la peine dont il souffre presque uniquement dans la bataille, dans les \u00ab grands foss\u00e9s hideux (\u00ab heu-gus eo ! \u00bb) pleins de cadavres \u00e0 demi-nus. C&rsquo;est le \u00ab travail press\u00e9 \u00bb qui l&rsquo;appelle, \u00e0 quoi 11 a promis sa vie. Sur la terre rouge du sang des hommes il voit poindre tremblante, amoureuse, la verte pousse de l&rsquo;herbe nouvelle, et il \u00e9crit, le 1<sup>er<\/sup> mai : \u00ab Je ne veux pas laisser passer ce jour de la f\u00eate des travailleurs sans venir vous dire que je suis encore vivant. Le printemps fait du bien- \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le \u00ab travail press\u00e9 \u00bb attendra. Il est pour d&rsquo;autres mains; non pour un c\u0153ur plus pur, plus humain. \u00ab Evit Breiz \u00bb disait-il sans cesse : pour la Bretagne vivait ce petit paysan instituteur de Basse-Bretagne, et c&rsquo;est pour la Bretagne qu&rsquo;il a donn\u00e9 sa vie, tout en r\u00eavant de soulager la mis\u00e8re et l&rsquo;ignorance des siens; de retourner parmi eux enseigner les choses n\u00e9cessaires : l&rsquo;union qui fait la force, la coop\u00e9ration, l&rsquo;entr&rsquo;aide des travailleurs, afin qu&rsquo;ils sachent d\u00e9sormais faire leur vie plus douce et plus belle, et qu&rsquo;ils rendent \u00e0 leur langue antique et magnifique son antique et magnifique prestige : Te a dle beza ta zalver. Kont war ta nerz ha ijin unanet gant nerz ha ijin da holl vreudeur ! \u00ab A toi-m\u00eame d&rsquo;\u00eatre ton sauveur, dit-il \u00e0 son fr\u00e8re des champs et des rives d&rsquo;Armorique : compte sur ta force et ton bon sens unis \u00e0 la force et au bon sens de tous tes fr\u00e8res \u00bb (2).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Evit Breiz ! \u00bb Pour la Bretagne dans tout le pass\u00e9, et sur tous les champs de bataille du monde, des milliers et des milliers de Bas-Bretons sont morts dans les rangs fran\u00e7ais, \u00e0 bord des navires de guerre fran\u00e7ais, \u00e0 qui la grande Patrie doit tant de victoires et la libert\u00e9. Evit Breiz !pour la Bretagne, dans la Grande Guerre que voici, que les grandes nations livrent pour la libert\u00e9 des petites ; partout et toujours, en Flandres, en Champagne, en Argonne, en Alsace, aux Dardanelles, en Serbie, sur l&rsquo;Oc\u00e9an sans rive, \u00ab la mer grande \u00bb sont morts, meurent chaque jour, chaque jour passent et vont mourir, mourront demain \u2014 in\u00e9branlables, impassibles et comme muets \u2014 des milliers et des milliers de paysans bas-bretons, incultes et ne sachant pas dire. Ils sont \u00ab les meilleurs r\u00e9giments de France\u00bb; ils sont ses marins, ses fusiliers-marins invincibles. Ce qu&rsquo;ils ne savent pas dire, ce qu&rsquo;ils ne disent pas, tous ceux-l\u00e0 qui sont morts ou qui vont mourir, l&rsquo;un d&rsquo;eux, Jos ar Braz, paysan cultiv\u00e9, l&rsquo;a dit. Il est leur \u00e2me; il est leur voix. Son \u0153uvre br\u00e8ve et brave parle pour eux, et par del\u00e0 la mort proclame : \u00ab La langue de ce peuple de h\u00e9ros, notre langue, doit avoir droit de cit\u00e9 en France \u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">En v\u00e9rit\u00e9, \u00f4 France, et au nom de ce martyr, ta Basse-Bretagne n&rsquo;est-elle pas cette \u00ab Pauvre Veuve \u00bb qui \u2014 tandis que d&rsquo;autres ne donnent que de leur opulence \u2014 t&rsquo;a donn\u00e9 tout, de sa mis\u00e8re : tous ses fils, \u00e0 qui tu refuses des \u00e9coles en leur langue, et de s&rsquo;instruire dans le pass\u00e9 de leur race ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">E. M.<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify\">(1) <em>Son nom bardique \u00e9tait Dirlem (acier tranchant). De ce nom il signa po\u00e8mes et articles de Kroaz ar Vretoned. Dans Breiz-Dishual il \u00e9crivait sous le nom de Yan Brezel(Jean le Guerrier), et sous celui de Bruger dans Brug (Bruy\u00e8res). Il avait \u00e9t\u00e9 laur\u00e9at du concours de po\u00e9sie bretonne de la F\u00e9d\u00e9ration R\u00e9gionaliste \u00e0 Douarnenez en 1912, et \u00e0 Hennebont en 1913<\/em>.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify\">(2) <em>Ces citations et les pr\u00e9c\u00e9dentes sont traduites des articles courts, pr\u00e9cis, familiers, pittoresques et pleins de s\u00e8ve qu&rsquo;il \u00e9crivit r\u00e9guli\u00e8rement dans Brug, p\u00e9riodique illustr\u00e9, \u00e9crit dans les 4 dialectes bretons, destin\u00e9 \u00e0 propager des go\u00fbts d&rsquo;art et de sociologie parmi les paysans<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<p>STUR n\u00b0 7-8 Octobre 1936 Janvier 1937<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/ecosystemadotpro.files.wordpress.com\/2016\/11\/stur_nc2b06_c3a9tc3a9_43.png\" class=\"aligncenter wp-image-1836\" alt=\"Stur_n\u00b06_\u00e9t\u00e9_43\" width=\"394\" height=\"211\"><\/p>\n<p><strong>Stur<\/strong> est une revue bimestrielle bretonne d&rsquo;\u00e9tudes politiques, fond\u00e9e par Olier Mordrel en 1934 dans l&rsquo;optique de donner au mouvement breton une assise id\u00e9ologique de haut niveau.<\/p>\n<p>Quoique faisant partie du mouvement des \u00ab rel\u00e8ves \u00bb, la revue propose un national-socialisme bretonnis\u00e9. Publi\u00e9e de 1934 \u00e0 1939 puis de 1942 \u00e0 1944, son audience est n\u00e9anmoins tr\u00e8s faible et cantonn\u00e9e \u00e0 la frange la plus extr\u00e9miste du mouvement breton.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En feuilletant dans les bo\u00eetes d&rsquo;un bouquiniste breton, le hasard nous a mis sous les yeux une plaquette intitul\u00e9e \u00ab Les Bretons qui meurent \u00bb, publi\u00e9e en 1916, par Emile Masson, en souvenir de Jos Le Bras, barde Dirlem. Nous en avons fait la lecture avec \u00e9tonnement et ravissement. 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